Sortir de l’hiver

J’habite dans un coin où se trouve des rivières du sud, précoces dans la saison, et des cours d’eau semi-montagnards, froids et hauts jusqu’à tard dans le printemps. Si bien que devant cette étendue de choix, qu’il faut comprendre, je me retrouve parfois perdu. A ne pas avoir toujours à l’esprit les bonnes clefs de lecture, trompé par les écarts de météo, le relief qui joue sur le climat de chaque bassin, et l’éternelle question de la température de l’eau, qui varie de 7 ou 8 degrés dans un rayon d’1h30 de route.

Cela est surtout vrai ce début de saison, où nous avons eu beaucoup de soleil, ce qui donne des envies de pêche en sèche ou de grimper dans les cours d’eau d’altitude bien tôt dans la saison.

Depuis les torrents à 400m d’altitude jusqu’aux rivières calmes de plateau à 1000m, il y a de quoi brouiller ses repères. J’ai connu de belles traversées du désert, des heures sans signe de vie dans la rivière. Même dans la rivière en bas de chez moi, au bout du parking, j’ai eu du mal à revoir les truites. Après cet hiver ponctué de fortes crues, et des rivières parfois noircies et verdies par les épandages, il est facile de se demander si elles ont tenu bon. Et puis, quand la nature se réveille, le doute retombe, et les choses rentrent dans l’ordre (à peu près).

En tout cas, une chose se confirme un peu plus chaque année : pour la truite, le mauvais temps c’est le grand soleil ! Face à l’enthousiasme de profiter des premières belles journées de printemps, mes meilleures sessions ont été faites sur le créneau 8h00 – 11h00, et ce sont les rares moments gris et pluvieux qui m’ont donné quelques poissons en sèche.

Si j’accorde une importance au choix des sèches et si je crois en dégager des tendances, pour les nymphes, plus le temps passe plus je pêche avec des modèles que je connais, sans me soucier des conditions. Ainsi, en sèche, cela fait deux ans que je fais mes premiers poissons sur des CDC olive en h16, de petits sedges foncés en h16 et des ecdyos vont également suivre dans la deuxième quinzaine d’avril.

Encore une fois, tout réside dans « être au bon endroit, au bon moment ». Cela amène souvent à aller contre ses intuitions et ses aprioris. Mais bon, comme beaucoup diraient, pour faire du poisson il faut surtout aller à la pêche, sans cesse !

La saison de vadrouille au bord de l’eau ne fait que commencer. Malgré l’appréhension de grosses sécheresses, et tout bêtement de manquer de temps, les moments passés au bord de l’eau sont une clef de voute du bien-être de nombreux d’entre nous et synonyme de liberté. Pour le moment, un bon épisode de pluie serait plus que bienvenu, pour nettoyer les fonds et pour aborder le printemps et l’été sereinement.


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